CASS. CIV. 3ème 16 Mars 2010 - allez & associés

CASS. CIV. 3ème 16 Mars 2010

Indemnisation du vice caché affectant un terrain vendu.

Le vendeur qui ignorait l’existence du vice au moment de la vente n’est tenu de rembourser à l’acquéreur que les frais occasionnés par la vente (C. civ. art. 1646) ; s’il en connaissait l’existence, il doit indemniser l’acquéreur de tous les préjudices subis (C. civ. art. 1645).

Le vendeur d’un terrain constructible situé dans une zone artisanale et industrielle a été condamné à verser des dommages-intérêts (120.000 € environ) à l’acquéreur qui avait dû remblayer le terrain avant de pouvoir y construire.

En effet, il résultait des éléments suivants que ce défaut du terrain était connu du vendeur mais caché pour l’acquéreur :

– l’acquéreur ayant eu connaissance de la qualité médiocre du terrain, le vendeur s’était engagé à céder un terrain constructible, entièrement remblayé et compacté ;

– les entreprises chargées de ces travaux avaient émis des réserves sur la sensibilité du terrain à l’eau et sur les conditions météorologiques défavorables au compactage ;

– le vendeur avait réceptionné les travaux sans réserve et n’avait fourni aucun justificatif des vérifications et précautions prises pour assurer la qualité du terrain vendu comme constructible dans une zone destinée à recevoir des bâtiments à usage industriel ou artisanal ;

– après la vente, l’acquéreur avait dû faire procéder à des études et au remplacement du remblai initial par un remblai conforme à cette destination.

Source : BRDA, 11/10, page 7